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La réforme de lautorité
parentale
les nouveaux droits des familles
20 PROPOSITIONS
présentées par Ségolène Royal
Ministre déléguée à la famille et à lenfance
Paris - 27 février 2001
1 - Affirmer le bien-fondé de la notion dautorité
La situation actuelle
Les articles princeps du titre du code civil « de lautorité parentale »
rappellent lhonneur et le respect dû par les enfants à leurs père et mère,
lautorité des parents définie comme ensemble de droits et de devoirs, « de
garde, de surveillance et déducation », permettant aux parents de protéger
leur enfant dans « sa santé, sa sécurité et sa moralité ».
Ces dispositions sont parfois jugées désuètes et peu conformes aux nouveaux droits de l
enfant.
Les propositions
Conserver les dispositions du code civil (autorité nest pas autoritarisme, exercer
une autorité engage la responsabilité mais autorité renvoie aussi aux notions
dauteur, de transmission
), cest marquer la différence des
générations, le principe de la responsabilité des générations plus âgées vers les
plus jeunes et la non interchangeabilité des places généalogiques.
Compléter ces articles premiers par lénoncé du droit de lenfant d
être éduqué et protégé par ses deux parents, lénoncé de la responsabilité
commune des deux parents pour assurer le développement de lenfant dans le respect
de sa personne.
Poser le principe que les père et mère associent lenfant aux décisions qui le
concernent, en considération de son âge et de son degré de maturité.
La mise en uvre
Projet de loi de réforme du droit de la famille.
2 - Solenniser la reconnaissance parentale
Le contexte
Lacte de reconnaissance est lacte fondateur de la filiation lorsque les
parents ne sont pas mariés. Il est qualifié en droit dacte solennel.
En fait, cet acte est souvent reçu au guichet du service de létat civil dans les
grandes mairies par un agent communal sans formation particulière. Un décret du 3 août
1962 modifié par le décret du 16 septembre 1997 permet en effet au maire et à ses
adjoints de déléguer leur fonction dofficier détat civil à un ou plusieurs
agents communaux pour la réception des déclarations de naissance, de décès, de
reconnaissance
La mesure proposée
Afin de marquer limportance particulière de cet acte, le groupe de travail sur
lautorité parentale préconise que cette délégation ne soit plus possible
concernant les actes de reconnaissance ou quelle soit réservée à un agent
communal spécialement formé à cet effet.
Il paraît important dinstituer ainsi un rite laïc qui inscrive publiquement les
parents dans leurs responsabilités en marquant limportance que la société leur
accorde et limportance de lengagement quils prennent à légard de
lenfant par sa reconnaissance.
Les conditions de réception de lacte de reconnaissance devraient prévoir la
lecture des principales dispositions du code civil concernant lautorité parentale
et la remise solennelle du livret des parents.
Modalités de mise en uvre
Consultation de lAssociation des Maires de France et autres partenaires.
Préparation du projet de décret.
3 - Création de lieux découte, dappui et
daccompagnement
des parents auprès des établissements scolaires
La situation actuelle
Depuis quelques années, de nombreuses actions sont menées pour favoriser les relations
entre les parents et lécole et pour faire en sorte que les familles deviennent de
véritables interlocuteurs. En effet, au sein de la collectivité scolaire, la qualité
des relations quentretiennent les personnels et les parents constitue un atout
majeur pour la pleine réalisation de la mission confiée au système éducatif.
Les réseaux découte, dappui et daccompagnement des parents mis en
place par la circulaire du 9 mars 1999 et organisés aux niveaux départemental et local,
rassemblent tous les partenaires institutionnels et associatifs engagés dans le soutien
à la fonction parentale.
Mesure proposée
Inscrire les relations école-famille dans les réseaux découte, d'appui et
daccompagnement des parents et promouvoir leur reconnaissance par les
établissements.
Selon le contexte, des locaux peuvent être mis à disposition du réseau découte,
dappui et daccompagnement des parents.
Dans le cas de locaux extérieurs à létablissement, des modalités de liaison
devront être établies entre les acteurs.
Dans le cas de locaux situés dans létablissement, deux situations se présentent.
Dans le second degré, la décision est prise sur proposition du chef
détablissement, par délibération du conseil dadministration qui précisera
les conditions de mise en place et dorganisation de ce lieu découte. Dans le
premier degré, le local peut être mis à disposition par le maire en dehors du temps
scolaire.
Dans tous les cas, ces locaux permettent dabord aux parents de se rencontrer, de
bénéficier dun accueil et dune information adéquats. Ils sont ouverts aux
parents, seuls ou en groupes, en présence, le cas échéant, en fonction des questions
posées, de professionnels capables de répondre directement ou de renvoyer vers un
service spécialisé. Lensemble des problèmes que se posent les familles ou les
enseignants peut y être abordée : exercice de lautorité parentale, vie de
létablissement, orientation, réussite scolaire, prévention des conduites à
risque
Modalités de mise en uvre
La circulaire 2001 relative aux réseaux découte, de suivi et daccompagnement
des parents entre les réseaux et les établissements scolaires renforce
larticulation entre les réseaux de parents et les établissements scolaires. Elle
paraîtra au printemps 2001.
Des crédits supplémentaires sont attribués en 2001 à cet objectif.
4 - Coparentalité et égalité homme-femme
La situation actuelle
Lexercice de la fonction parentale ne peut être considérée indépendamment des
questions dégalité, égalité sociale, égalité entre les sexes.
En dépit de lévolution des mentalités et des modes de vie, on constate le
maintien dun partage très inégal entre les hommes et les femmes des tâches
familiales et domestiques ainsi quen attestent de récentes études de lINSEE
et du CNRS.
Promouvoir une réelle coparentalité, cest permettre aux pères comme aux mères de
construire un équilibre de vie entre vie professionnelle, vie familiale et vie sociale.
La prise en compte de la vie familiale dans lorganisation du temps professionnel
doit concerner autant les hommes que les femmes.
Demeurent des représentations collectives très différenciées des rôles de
chacun : primauté de la mère et relation père-enfant qui passe encore souvent par
lintermédiaire de la mère.
Les difficultés vécues lors de la séparation ne sont souvent que le reflet de cette
distribution encore souvent inégalitaire des rôles.
La paternité reste peu autorisée culturellement dans la vie professionnelle : des
enquêtes montrent que 20% dhommes, notamment les jeunes pères souhaiteraient
assumer davantage leurs responsabilités familiales par rapport à leurs responsabilités
professionnelles.
Propositions
Créer un véritable congé pour le père, lors de la naissance dun enfant.
Modifier le dispositif des congés parentaux afin quils puissent être mieux
partagés.
Lancer une campagne de communication et de sensibilisation multimédia qui porterait sur
légalité père-mère dans la sphère familiale et domestique et dans la prise en
charge quotidienne des enfants. La fête des pères pourrait par exemple servir de
déclencheur à une campagne denvergure.
Mise en uvre
Poursuite du travail interministériel entamé dans le groupe sur lautorité
parentale.
5 - Création dun livret de paternité
La situation actuelle
Dès la grossesse, les mères sont reconnues, investies dans leur futur rôle :
différents organismes sadressent à elles, les informent. Elles font lobjet
dun suivi médical. Elles sont destinataires du carnet de maternité. A ce stade le
père nexiste pas socialement.
Les pères non mariés doivent reconnaître leur enfant pour que le lien de filiation soit
établi.
20 000 enfants environ naissent chaque année qui ne sont pas reconnus par leur père.
Certains de ces pères ignorent que cet acte est nécessaire pour établir légalement le
lien de filiation.
Il est nécessaire dinformer les pères des droits et devoirs attachés à leur
rôle de père dautant plus que la moitié des premiers enfants naissent hors
mariage.
La mesure proposée
Le livret comprend un volet juridique qui donne des informations concises mais complètes
sur la filiation, lautorité parentale, le nom transmis, le nom dusage
Il comprend un volet social qui donne des informations sur les droits aux prestations
familiales, les congés parentaux, les « lieux de ressources » à la
disposition des parents.
Modalité de mise en uvre
Le contenu du livret sera soumis à consultation.
Le livret sera :
- soit adressé à la mère pour quelle le remette au père,
- soit adressé directement au père.
6 - La « garde alternée »
La situation actuelle
Après avoir été décriée au nom de lintérêt de lenfant, la formule du
partage du temps de lenfant entre ses deux parents à part égale, selon un rythme
généralement dune semaine sur deux, est reconnue aujourdhui comme pouvant
répondre aux besoins de lenfant tout autant que les formules plus classiques de
partage du temps entre la semaine et les week-ends.
La formule de la garde alternée avait été condamnée par la Cour de Cassation : la
loi alors prévoyait dans tous les cas de divorce un démembrement de lautorité
parentale (droit de garde à lun, droit de visite et dhébergement à
lautre), le droit de garde conférait au parent gardien lexercice de
lautorité parentale, lautre parent ayant un simple « droit de
surveillance ». La garde alternée dans ce contexte impliquait donc le changement du
titulaire de lexercice de lautorité parentale à chaque alternance.
Depuis la loi de 1993 le juge fixe la résidence habituelle de lenfant « à
défaut daccord des parents ». Les parents conservent tous deux
lexercice de lautorité parentale, donc chacun conserve « le droit et
devoir de garde » qui est lun des attributs de lautorité parentale.
Des réticences liées à létat antérieur du droit et de la jurisprudence,
demeurent chez certains praticiens pour reconnaître pleinement la pertinence de cette
formule.
Propositions
Clarifier les règles et les termes employés.
Le terme de garde pourrait donc être réutilisé à condition de lever les ambiguités
qui lui sont attachées : aujourdhui les deux parents continuant dexercer
lautorité parentale, la garde est pour chacun deux le droit et le devoir de
garde.
Le mot de « garde » définit à la fois le droit et le devoir dun parent
de faire vivre lenfant dans son foyer familial ainsi que le droit et le devoir pour
un parent de pourvoir aux besoins de son enfant, de lui prodiguer les soins dont il a
besoin au quotidien.
La séparation implique nécessairement une alternance de la garde dès lors que
lenfant est appelé à partager son temps entre ses deux parents, quel que soit le
mode de cette alternance (dailleurs les parents non séparés qui partagent les
tâches parentales ne pratiquent-ils pas eux aussi une forme dalternance auprès de
lenfant ?).
En ce sens on ne peut plus parler dun parent gardien et dun parent non
gardien : lorquune résidence habituelle est fixée chez lun, celui-ci
est le parent qui héberge à titre principal lenfant puisque cette modalité de
répartition du temps de lenfant nimplique aucun effet juridique.
Modalités de mise en uvre
Projet de loi de réforme du droit de la famille.
7 - Mise à létude dun congé de paternité
La situation actuelle
Actuellement, lors de la naissance dun enfant, les pères ne disposent que dun
congé de 3 jours prévu à larticle L.226-1 du code du travail, soit moins que
lautorisation dabsence accordée en cas de mariage (4 jours).
Au sein de lUnion européenne, la France ne se range pas actuellement parmi les pays
les plus progressistes : si en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne et en
Espagne, le congé de paternité est également de 3 jours, quil soit dorigine
législative ou conventionnelle, il est en revanche de 10 jours en Suède, de 2 semaines
au Danemark et de 18 jours en Finlande. Le Portugal a quant à lui mis en place un congé
de paternité de 5 jours depuis 1984 (à prendre au cours du 1er mois de naissance).
Les études disponibles montrent également que linvestissement des pères dans leur
responsabilité éducative à légard de leurs enfants est d autant plus fort
quils se sont occupé de ceux-ci lorsquils étaient en bas âge, ceci suppose
quune place soit faite aux pères. Or, si le congé de maternité permet à la mère
de cultiver une relation privilégiée avec son bébé, le père demeure aujourdhui
peu associé à la naissance.
Lévolution récente du droit du travail, avec la réduction du temps de travail, a
permis de dégager un temps de loisir supplémentaire que le père peut mobiliser pour
laccueil de son enfant à la naissance.
Mesure proposée
Plusieurs pistes sont actuellement examinées, parmi lesquelles, outre laménagement
des dispositifs existants, la création dun nouveau dispositif, offrant la
possibilité aux pères de faire des choix entre temps de travail et temps familial, tout
au long de la vie.
Modalités de mise en uvre
Expertises techniques dans le cadre du groupe « autorité parentale ».
Consultations des partenaires sur les différentes pistes dans le cadre de la préparation
de la conférence de la famille.
8 - Médiation familiale
La situation actuelle
La médiation est la gestion des conflits en matière familiale, en matière de
séparation et de divorce. Cest un processus par lequel les membres de la famille
demandent ou acceptent lintervention dune tierce personne, le médiateur
familial. Le recours à la médiation est une démarche volontaire qui ne peut être
imposée.
Son rôle est damener la famille à trouver les bases dun accord durable et
mutuellement acceptable tenant compte des besoins de chacun, et particulièrement de ceux
des enfants, dans un esprit de co-responsabilité parentale. La médiation aborde tous les
enjeux de la décision, notamment relationnels, économiques, patrimoniaux.
Par extension, ce processus peut être accessible à tous les membres dune famille
(ascendants, descendants
) concernés par une situation de rupture et être aussi un
moyen préventif à une séparation.
On recense actuellement plus de 200 services de médiation familiale assurés le plus
souvent par des associations spécialisées subventionnées en majorité par des
subventions publiques.
Mesure proposée
Le développement de la médiation familiale et son ouverture à toutes les familles est
aujourdhui unanimement souhaité dans le respect de ce qui en fait sa valeur :
la responsabilisation et lautonomie des personnes qui y recourent, dans le respect
des règles déontologiques communes.
Modalités de mise en uvre
Un groupe de travail élargi va être mis en place afin de poursuivre le travail entrepris
sous légide de la Délégation Interministérielle à la Famille. Ce groupe devra
aborder les questions de la formation des médiateurs, les coûts et les financements, les
modalités de reconnaissance de la médiation familiale et de son encadrement par les
pouvoirs publics.
9 - Favoriser les accords amiables entre parents séparés
La situation actuelle
Le statut juridique des parents séparés est le même que celui des parents unis puisque
le droit a généralisé le principe de lexercice en commun de lautorité
parentale.
Néanmoins le traitement judiciaire de la séparation est très différent selon le statut
du couple : les époux sont tenus davoir recours au juge et à lavocat
pour divorcer, les concubins qui se séparent et sentendent sur lorganisation
de leur séparation peuvent le faire par de simples accords privés.
Dans le cadre du divorce, nombre de praticiens, dadministrations pensent quune
décision judiciaire doit nécessairement déterminer la résidence habituelle de
lenfant, le « droit de visite et dhébergement » de lautre
parent, quune décision judiciaire doit venir entériner tout changement décidé
par les parents.
Mesures proposées
Donner toute leur force aux accords pris par les parents, quils soient ou non
homologués par un juge : ces accords ont la même valeur juridique que les parents soient
ou non séparés. Les différentes administrations doivent en règle générale prendre en
compte les accords passés sous seing privé par les parents.
Préciser dans la loi que la fixation dune résidence habituelle pour lenfant
est facultative dès lors que les parents ne sont pas en conflit sur ce point.
Préciser dans la loi que la notion de « droit » de visite et
dhébergement na plus cours dans le cadre de lexercice en commun de
lautorité parentale : chacun des père et mère a le « devoir » de
maintenir des relations personnelles avec lenfant.
Modalités de mise en uvre
Mesures à intégrer dans le projet de réforme du droit de la famille et dans le cadre
des mesures dharmonisation du droit social, du droit fiscal avec le droit civil de
la famille prévues notamment par le groupe de travail interministériel sur le partage
effectif de lautorité parentale.
10 - Simplifier les règles de délivrance des documents
didentité
quel que soit le parent demandeur
La situation actuelle
Pour la délivrance de la carte nationale didentité ou du passeport à un mineur
non émancipé, la demande peut être formulée par la personne qui exerce sur
lenfant lautorité parentale.
Lorsque lautorité parentale est exercée en commun, lun ou lautre
parent peut agir seul : la demande dun titre didentité entre en effet
dans la catégorie des actes usuels pour lesquels la loi présume que chaque parent agit
avec laccord de lautre, sans quil ait à en justifier.
Pour les parents mariés, il leur suffit de produire leur livret de famille, le service
chargé de la délivrance du titre ne peut pas exiger lautorisation du parent qui
na pas expressément et conjointement formulé la demande.
Les parents divorcés depuis la loi de 1993 continuent de plein droit dexercer en
commun lautorité parentale mais il est encore demandé au parent demandeur
den justifier par la production du dispositif du jugement de divorce et de la
justification de son caractère définitif, pour le cas où le juge aurait décidé, dans
lintérêt de lenfant, de confier lexercice de lautorité
parentale à lun seul des deux parents.
Aux parents non mariés, il est demandé de prouver quils exercent en commun
lautorité parentale par la production de la déclaration conjointe quils ont
effectuée devant le greffier en chef du tribunal de grande instance ou de lacte de
communauté de vie établi par le juge aux affaires familiales.
Lexigence de la production du certificat de communauté de vie entraîne, dans la
pratique, pour le parent qui sollicite seul la délivrance dun titre de voyage pour
lenfant, des difficultés évidentes puisque celui-ci doit obligatoirement, au
préalable, saisir le juge aux affaires familiales pour constituer cette preuve.
Proposition
En létat actuel des textes, il conviendrait daccepter comme preuve de
lexercice commun de l autorité parentale lacte de naissance de
lenfant dès lors quil comporterait la reconnaissance par les deux parents
intervenue avant que lenfant ait atteint lâge dun an ainsi que la
mention dun même domicile pour chacun des parents ( les actes de reconnaissance
doivent en principe mentionner le domicile du déclarant).
Pour lavenir, la condition de communauté de vie doit être supprimée, ce qui
permettrait de vérifier que les parents exercent en commun l autorité parentale
par la seule lecture de lacte de naissance.
Modalités de mise en uvre
Circulaire aux services de létat-civil et aux services de délivrance des titres d
identité.
Le projet de réforme du droit de la famille supprimera la condition de communauté de vie
pour lexercice en commun de lautorité parentale qui doit découler
directement de létablissement du lien de filiation.
11 - Autorité parentale et école
La situation actuelle
Les parents rencontrent quelques difficultés pour exercer à légard de leurs
enfants leur autorité parentale. L information sur leurs droits et devoirs à
légard de linstitution scolaire nest pas toujours suffisante.
Les formulaires administratifs nécessaires à linscription des enfants en mairie et
en établissement scolaire ne sont pas toujours en adéquation avec les règles en vigueur
en matière dautorité parentale. Ils ne permettent pas toujours de refléter la
situation dans laquelle peut se trouver lélève, voire didentifier clairement
la ou les personnes responsables.
En létat actuel de la réglementation, un seul des deux parents dispose dun
droit de suffrage pour élire des parents dél èves au conseil des établissements
scolaires, indépendamment des conditions dexercice de lautorité parentale.
Mesures proposées
Afin de favoriser lexercice de lautorité parentale au sein de lécole,
le groupe de travail suggère de :
- sensibiliser les parents à légard de leurs droits et devoirs en matière de
scolarisation de leurs enfants en diffusant une plaquette dinformation abordant
lobligation scolaire, limportance de lassiduité, la représentation des
parents dans lécole, leur droit à linformation et à la participation, le
rôle des réseaux découte
La plaquette dinformation pourrait être
diffusée au moment de linscription au cours préparatoire ou durant lannée
de cours moyen 2ème année ;
- mettre au point un formulaire administratif unique pour la collecte des informations
nécessaires à linscription des enfants en mairie et en établissement
scolaire ;
- donner à chacun des deux parents le droit de vote et déligibilité au conseil de
chaque établissement où est scolarisé lun ou plusieurs de leurs enfants, accorder
une voix par parent, quelle que soit la situation familiale.
Modalités de mise en uvre
Consultations sur la plaquette, sur les projets de circulaire aux établissements
scolaires et sur les modèles de formulaires (sur la base des propositions du groupe de
travail « autorité parentale »).
12 - Assurance maladie : permettre le rattachement aux deux
parents
La situation actuelle
Selon les dispositions de larticle L.561-15 du code de la Sécurité Sociale, en cas
de séparation de droit ou de fait, les enfants sont rattachés pour leur couverture
sociale à celui des parents qui en a la charge effective et permanente, à sa demande.
Des difficultés pour le remboursement des prestations servies aux enfants peuvent surgir
lorsquil y a désaccord entre les parents séparés ou divorcés, notamment lorsque
le parent non gardien engage des dépenses pour lenfant qui lui est confié pendant
quelques jours. Les remboursements sont, dans ce cas, crédités au compte du parent
gardien auquel les enfants sont rattachés.
Lorsque le parent qui à la garde des enfants a la situation dayant droit par
rapport au parent non gardien qui lui a la situation dassuré et quils
dépendent de centres de traitement informatique distincts, les caisses ne peuvent pas
pour des raisons techniques et juridiques gérer de manière autonome les remboursements.
Proposition
Permettre à chacun des deux parents séparés de bénéficier pour ses enfants des
prestations en nature de lassurance maladie.
Affilier sur critère de résidence de lex-conjoint ou concubin ayant droit, en cas
de difficultés (extension des textes régissant la couverture maladie universelle).
Envisager que le ou les enfants puissent être ayant droit de chacun des deux parents
lorsque ceux-ci travaillent.
Modalités de mise en uvre
Proposition de modification du code de la sécurité sociale, soumise à concertation
13 - Maintenir les réductions tarifaires SNCF pour les
familles dissociées
La situation actuelle
Selon les dispositions du décret n° 80-956 du 1er décembre 1980, les familles assumant
la charge effective et permanente dau moins trois enfants de moins de 18 ans peuvent
obtenir une carte de « famille nombreuse » permettant de bénéficier
dune réduction sur le prix plein tarif du train en 2ème classe.
En cas de divorce, le nombre denfants à compter comme faisant partie de la famille
de chacun des ex-époux est le nombre denfant dont chaque parent a légalement la
garde.
En cas de garde conjointe, seul celui des deux parents chez lequel le juge a fixé la
résidence des enfants peut être bénéficiaire dune carte de famille nombreuse.
La situation des concubins séparés nest pas évoquée dans le document de
référence « Tarifs voyageurs » du 31/01/2000.
Le groupe de travail sur lautorité parentale a examiné lévolution des
réductions tarifaires en cas de dissociation de la famille, dans lobjectif de
tendre à la plus grande neutralité possible des systèmes daide publique à
légard des choix de vie de familles.
Mesure proposée
Dans un souci déquité, il sagit de maintenir des réductions tarifaires
acquises à tous les membres d une famille de trois enfants et plus, sans
considération du lieu de résidence des enfants. En effet, la séparation des parents et
la création de deux foyers distincts génèrent des charges fixes supplémentaires.
Modalités de mise en uvre
En terme de calendrier, le principe de cette mesure peut être soumis à consultation sans
délai.
Lexpertise technique de cette mesure sera poursuivie dans le cadre du groupe de
travail « autorité parentale ».
14 - La fixation des pensions alimentaires
La situation actuelle
La contribution à lentretien et léducation de lenfant est une
obligation qui incombe à tout parent dès lors que la filiation est établie.
Le caractère dordre public de cette obligation ne fait pas obstacle à une
répartition amiable de sa charge entre des parents séparés.
La fixation du montant des pensions alimentaires génère un contentieux important et
coûteux
(le choix du divorce pour faute est souvent lié à un différend sur ce seul point).
Chaque année, environ 40 000 procédures daprès-divorce ne portent que sur la
question de la pension alimentaire et, dans près de 40% de ces procédures, un avocat
intervient au titre de laide juridictionnelle.
Certains parents préfèrent « démonétiser » leurs contributions respectives
en prévoyant une répartition des charges fixes (le père prenant en charge des frais
scolaires, extra-scolaires
).
Sur le plan fiscal, les pensions versées par un parent non marié séparé sont
directement déductibles de ses revenus alors que le code général des impôts exige une
décision judiciaire de la part dun père divorcé.
Propositions
Définir des barèmes indicatifs simples selon les revenus du débiteur de la pension
ainsi que les situations qui justifient une majoration ou une minoration par rapport à
ces barèmes, sur le modèle par exemple du dispositif mis en place au Canada en 1996. Ces
lignes directrices aideraient les parents, avec laide le cas échéant
davocats et de médiateurs, de négocier des accords quils pourraient ou non
faire homologuer par un juge.
Réexaminer les règles du droit fiscal applicables aux pensions alimentaires.
Mise en uvre
Poursuivre le travail entrepris avec le ministère de la justice et les autres partenaires
du groupe sur lautorité parentale (notamment ministère des finances et CNAF).
15 - Recouvrement des pensions alimentaires
La situation actuelle
Le paiement des pensions alimentaires pose souvent des difficultés. Des procédures ont
été mises en place pour en faciliter le recouvrement.
Une voie dexécution privée fonctionne bien qui permet dobtenir, sur
simple avis d un huissier, le paiement mensuel de la pension alimentaire par
lemployeur du débiteur daliments (procédure de paiement direct). Cette
procédure efficace semble utilisée à bon escient si lon en juge par le faible
contentieux quelle génère (environ 3000 procédures par an sur toute la France).
Deux voies dexécution publique permettent le recouvrement par le Trésor.
Une pension alimentaire, après léchec dune voie dexécution de droit
privé, peut être recouvrée par les comptables du Trésor au vu dun état
exécutoire émis par le procureur de la République.
Les Caisses dAllocations Familiales, lorsquelles ont été sollicitées par un
créancier, peuvent également établir un état des pensions impayées qui sera rendu
exécutoire par le préfet et adressé au trésorier-payeur général du département.
Ces procédures de recouvrement public sont très peu utilisées : en 1997, environ
4000 dossiers ont été reçus par les comptables du Trésor au plan national. Il semble
néanmoins quelles pourraient savérer utiles en ce qui concerne les
débiteurs non salariés (les procédures pénales en abandon de famille, outre
quelles enveniment les relations entre les parents, ne savèrent pas toujours
très efficaces concernant le recouvrement des sommes dues).
Les propositions
Envisager les possibilités de simplifier la mise en uvre des procédures de
recouvrement public.
La mise en euvre
Poursuite du travail avec les ministères concernés et la Caisse Nationale
dAllocations Familiales.
16 - Les beaux-parents
La situation actuelle
Les beaux-parents ne sont pas nommés dans le code civil.
Lors de léclatement dune famille recomposée, le fondement à
léventuelle action dun beau-parent qui souhaiterait maintenir des liens avec
lenfant de son ex-conjoint ou concubin est régi par larticle 371-4 du code
civil qui prévoit de manière restrictive la possibilité pour le juge daccorder
« en considération de circonstances exceptionnelles » un droit de
correspondance ou de visite à dautres personnes, parents ou non.
Les beaux-parents nont pas officiellement de légitimité à jouer un rôle dans
léducation des enfants de leur conjoint ou concubin, alors que cela peut
savérer utile lorsque lautre parent sest éloigné de son enfant.
Propositions
Assurer la stabilité de lenvironnement éducatif et affectif de lenfant en
désignant nommément les beaux-parents parmi les tiers qui peuvent demander au juge de
fixer les modalités du maintien des liens avec lenfant, laisser une plus grande
latitude au juge pour déterminer ces modalités selon les particularités de chaque
situation.
Demander à linstitution scolaire de prendre en compte les procurations données par
des parents à un beau-parent pour accomplir des actes usuels relatifs à la personne de
lenfant.
Assouplir les règles de la délégation de lautorité parentale afin de permettre
dassocier un beau-parent à léducation dun enfant lorsque son autre
parent se montre peu présent sans pour autant exclure celui-ci de ses responsabilités.
Mise en uvre
Projet de loi de réforme du droit de la famille.
Mesures réglementaires du ministère de léducation nationale.
17 - Prévenir les difficultés de logement du parent non
gardien
La situation actuelle
Larrêté du 29 juillet 1987 pose le principe de la prise en compte des personnes
vivant au foyer, pour la détermination du coefficient familial dans laccès au
logement social. Cette règle revient à considérer que les enfants du parent non gardien
concernés par un « droit de visite et d hébergement » nentrent
pas dans la détermination du coefficient familial qui va conditionner la taille du
logement susceptible de lui êt re attribué.
Pour permettre au parent non gardien dexercer dans des conditions acceptables son
droit à accueillir ses enfants, le groupe de travail a recherché, avec la collaboration
du ministère du logement, à identifier puis à lever les obstacles. Laccès à un
logement social de taille suffisante est, avec raison, fréquemment cité comme la
condition majeure de lexercice de la coparentalité, notamment pour les personnes
disposant de faibles ressources.
Mesures proposées
Les enfants doivent pouvoir bénéficier de conditions de logement décentes chez leurs
deux parents, même sils ny habitent que de manière intermittente.
Il sagit donc de :
- favoriser laccès au logement social du parent « non gardien », pour
lui permettre daccueillir ses enfants dans de bonnes conditions ;
- susciter la création de lieux daccueil où les parents non gardiens en situation
précaire peuvent recevoir leurs enfants pendant le week-end et les vacances scolaires.
Laction multi-partenariale conduite à La Rochelle depuis 1997, pour créer les
conditions concrètes dune restauration du lien père-enfants a permis de lever un
certain nombre dobstacles psychologiques au maintien des liens entre ces pères et
leurs enfants. Les frais de séjour ont été couverts grâce aux financements accordés
par la caisse dallocations familiales, le centre communal daction sociale de
La Rochelle et le Conseil Général de Charente Maritime (plan départemental
dinsertion).
Modalités de mise en uvre
Consultations sur la modification de larrêté du 29 juillet 1987 afin de conserver
aux deux parents les mêmes critères de charges denfants quavant la
séparation, par dérogation au critère de « personne vivant au foyer ».
Concernant les lieux daccueil pour restaurer le lien parent-enfant, examen des
modalités de financement qui permettraient den assurer lessaimage.
18 - Ouvrir laction sociale des Caisses
dAllocations Familiales
au parent non allocataire
La situation actuelle
Les principaux besoins du parent non allocataire mis en avant, notamment, par les
associations sont les suivants :
- les frais de déplacement, lorsque les deux domiciles sont éloignés, frais qui dans
certains cas (parent sans ressources) peuvent espacer les rencontres et mettre en cause le
maintien du lien avec lenfant,
- la nécessité davoir un logement assez grand et confortable pour recevoir
lenfant et la nécessité dacheter au moment de la séparation du nouveau
mobilier, concernant notamment léquipement de la chambre de lenfant pour
quil « se sente chez lui »,
- pour le parent qui ne peut faire coïncider période de garde et congés, la
possibilité dinscrire son enfant dans les équipements types Centres de Loisirs
Sans Hébergement,
- pour le parent qui ne peut financer seul un projet de loisirs ou de vacances, la
possibilité dêtre soutenu financièrement afin de lui permettre de retrouver son
enfant en dehors de leur cadre de vie habituel.
Or, la réglementation actuellement en vigueur pour laction sociale des Caisses
dAllocations Familiales lie le bénéfice des différentes aides existantes à la
condition « dallocataire percevant des prestations familiales pour son
enfant » et ne permet pas au parent qui na pas la charge effective et
permanente de lenfant dy prétendre.
Cette double impossibilité de percevoir les allocations familiales et, de ce fait,
davoir droit à laction sociale des Caisses dAllocations Familiales,
peut constituer pour ces pères en situation de fragilité sur le plan des ressources une
entrave à lexercice concret de leur rôle auprès de leur(s) enfant(s).
Proposition
Ouvrir le bénéfice des aides financières au ressortissant du régime général ou
assimilé (dans le cadre de laction sociale des Caisses dAllocations
Familiales).
Modalités de mise en uvre
La Commission dAction Sociale de la Caisse Nationale dAllocations Familiales a
émis dans sa séance du 11 janvier 2001 un avis favorable à lexpérimentation de
lextension du champ des bénéficiaires de laction sociale des Caisses d
Allocations Familiales au parent non-allocataire.
Les consultations sur la pérennisation de cette mesure seront conduites dans le cadre de
la préparation de la convention dobjectifs et de gestion entre lEtat et la
Caisse Nationale dAllocations Familiales pour 2001-2004.
19 - Prendre en compte les charges liées à lexercice
de la paternité
en cas de séparation
La situation actuelle
Les dispositifs daide financière aux familles visent à couvrir les charges liées
à la présence dun enfant. En cas de séparation, certaines charges peuvent être
plus importantes, par exemple pour le logement. En effet, si les deux parents souhaitent
pouvoir héberger correctement leurs enfants, les dépenses exposées sont plus
importantes que pour une famille habitant sous le même toit.
Plus largement, pour donner un contenu concret à lexercice de leur autorité
parentale, certains pères ayant de faibles ressources peuvent rencontrer des difficultés
financières.
Mesure proposée
Dans le cadre des travaux du groupe sur lautorité parentale, deux pistes sont
examinées :
- la première consiste à mieux prendre en compte les charges supportées par les parents
séparés dans le calcul des allocations de logement ;
- la seconde vise à définir une nouvelle aide destinée aux pères ayant de faibles
ressources, sans que les aides versées à la mère soient réduites : non affectée
à une dépense précise, cette aide pourrait couvrir les dépenses supportées par les
pères en fonction des besoins des enfants.
Modalités de mise en uvre
Les travaux du groupe de travail se poursuivent jusquà la fin du mois de mars, pour
retenir la formule la plus efficace.
20 - Oppositions à la sortie du territoire
La situation actuelle
La séparation parentale pouvant survenir dans un contexte conflictuel, un système
dopposition à la sortie du territoire national a été mis en place en vue de faire
obstacle au départ denfants mineurs susceptibles dêtre emmenés et retenus
de façon illicite à létranger par un de leurs parents ou un tiers mandaté par
lun deux, contre la volonté de lautre.
Cette procédure consiste à inscrire, sur le fichier automatisé des personnes
recherchées auquel ont accès les services de police, de gendarmerie et les préfectures,
une mesure dopposition à sortie du territoire au nom du mineur concerné et au nom
de la personne susceptible demmener lenfant irrégulièrement. Ce fichier est
obligatoirement consulté lors de toute demande de passeport et dautorisations de
sortie du territoire de plus de 3 mois.
On distingue trois types de mesures prévues par la procédure :
- la mesure dopposition conservatoire, dune validité de 15 jours non
renouvelable ;
- la mesure dopposition dune validité dun an, renouvelable chaque
année ;
- la mesure durgence, dune durée de 7 jours.
Les limites à lefficacité de ces mesures peuvent résulter de laugmentation
du trafic transfrontalier et de l allègement des contrôles.
En terme quantitatif, le nombre de fiches dopposition à la sortie du territoire
pour les mineurs recensées par la direction centrale de la police judiciaire est stable,
autour de 3000 par an.
Il apparaît que la méconnaissance du système dopposition à sortie du territoire
peut conduire, dans le souci légitime de protéger lenfant et de rassurer
lautre parent, à des décisions particulièrement limitatives du droit de visite et
dhébergement qui cristallisent les conflits et concourent à une plus grande
rupture des liens entre lenfant et le parent.
Mesure proposée
Pour prévenir les déplacements forcés denfants, pour éviter que la
méconnaissance des mesures de prévention existantes ne conduise à des exigences
administratives excessives dans des situations sans risque, les autorités administratives
et judiciaires seront mieux informées sur les dispositifs dopposition à sortie du
territoire.
Modalités de mise en uvre
Afin de clarifier les procédures applicables et de favoriser une meilleure coordination
des services, un document dinformation sera rédigé à lusage des tribunaux,
des préfectures, des commissariats et des gendarmeries.
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