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Paris (France), avril 2004
Avec l'aimable autorisation de l'Association Divorce-Famille
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2004
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Premiers résultats sur la pratique de la résidence
alternée
Etude
sur les jugements rendus en octobre 2003 en France
Réf. :
"La résidence en alternance des enfants de parents séparés"
Etudes et Statistiques Justice n°
23 - mars 2004
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Nos commentaires en fin de page |
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- Les juges accordent presque toujours la résidence en alternance lorsque les deux
parents en font la demande conjointement.
- 80,7 % des demandes
d'alternance sont formées conjointement par les deux parents. Moins de 20 % donc sont
demandées par un seul des parents, contre l'avis de l'autre.
- 94,4 % des résidences en
alternance fixées résultent d'une demande avec l'accord des deux parents.
- Les rejets de l'alternance
par le juge, qui se traduisent par la garde exclusive à un parent, se font
majoritairement au détriment des pères (85,5 %).
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Nature de la
procédure |
Taux de demande résidence alternée |
dont % demandé
par 2
parents |
dont % demandé
par 1 seul parent |
Taux de résidence alternée
prononcée |
Taux de refus
du juge |
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Toutes procédures |
10,3 % |
60,7 % |
39,3 % |
8,8 % |
14,5 % |
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Div. consent. mutuel |
15,7 % |
100 % |
0 % |
15,7 % |
0 % |
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Divorce contentieux |
7,3 % |
71,2 % |
28,8 % |
6,0 % |
17,8 % |
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Après-divorce |
9,0 % |
53,1 % |
46,9 % |
6,0 % |
33,3 % |
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Enfants naturels |
10,1 % |
50,7 % |
49,3 % |
7,1 % |
29,7 % |
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% |
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- Les juges n'ordonnent,
n'imposent, que de façon rarissime l'alternance lorsque les parents demandaient chacun la
résidence exclusive à leur profit.
- Dans les populations
concernées par la résidence en alternance, le profil socio- professionnel des parents
qui est dominant est :
Mère : employée à profession intermédiaire
Père : profession intermédiaire à
cadre
- L'alternance demandée dans
les procédures contentieuses est demandée conjointement par les deux parents dans les
deux tiers des demandes.
- La résidence en alternance
est rarement imposée à la mère tandis que le père la demande si celle-ci s'y oppose et
demande la résidence exclusive.
- Les prestations à
caractère social (allocations,...) sont le plus souvent attribuées à la mère.
- La part fiscale est fixée
selon la loi fiscale de 2003 (1/4 + 1/4 pour le 1° enfant) dans 15 % des décisions
seulement.
- Les pensions alimentaires
accordées (le plus souvent à la mère) ne sont pas très inférieures à celles
accordées dans le cas d'une résidence principale chez la mère, bien que la charge des
enfants soit la même pour chacun des parents.
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pension avec 1 enfant |
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moins de 100 euros |
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100 à 150 euros |
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150 à 200 euros |
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200 à 350 euros |
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350 et + |
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% des jugements |
0 %
25 %
50 % |
- Prédominance de l'enfant
unique dans les demandes de résidence en alternance pour les enfants naturels.
- La médiation familiale
reste peu utilisée dans les procédures. Seules, 3,8 % des décisions la suggèrent ou
l'ordonnent.
- lesprincipales motivations
exprimées dans les décisions pour justifier le refus de la résidence en alternance sont
: mésentente des parents, enfant trop jeune, enfant trop âgé, distance.
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Nos commentaires :
Bien que les auteurs de la Cellule Etudes et Recherches retiennent l'échantillon
étudié comme représentatif, cette étude reste partielle et présente quelques
inconnues génantes.
En effet 29 TGI sur 180 n'ont envoyé aucune réponse (dont : Agen, Angoulème,
Béziers, Bordeaux, Dunkerque, Grasse, Grenoble, Meaux, Mulhouse, Pontoise, Quimper,
Rodez, Toulouse,...).
Le taux de réponse semble toutefois ainsi satisfaisant par TGIs ayant répondu (78
%). Mais
en réalité nombre de jugements et ordonnances pour un TGI donné n'ont pas été
communiqués. Ainsi, si Lille a transmis 273 décisions relatives à la résidence des
enfants rendues en octobre 2003, EVRY : 208 et CRETEIL : 273, le TGI de VERSAILLES qui
comporte 5 ou 6 JAF, n'en a transmis que ...19 pour la même période.
En aucun cas les décisions transmises ne peuvent être mathématiquement
représentatives de ce tribunal. Ainsi, dans certains TGI, des juges ayant des positions
extrêmes par rapport à la résidence alternée peuvent très bien n'avoir pas répondu
à la demande d'étude afin de ne pas être remarqués.
Or, des études antérieures sur la dispersion des décisions selon les tribunaux
(Autorité parentale conjointe par exemple en 1990) avaient montré que les tribunaux, les
magistrats, pouvaient avoir des positions très divergentes de l'un à l'autre.
On s'interrogera donc sur certains tribunaux et sur leurs magistrats, notamment sur
ceux qui, sur plusieurs dizaines de décisions rendues concernant la résidence des
enfants, n'accordent la résidence en alternance dans aucun cas (zéro cas). Par exemple,
en ce qui concerne ceux qui ont néanmoins répondu à l'étude : Coutances, Foix,
Avesnes, Cambrai, Castres, Villefranche/Saone.
On est en droit de se demander si les textes de la loi du 4 mars 2002 sur la
résidence alternée sont bien arrivés dans certaines juridictions...
Il n'est pas exclu que de plus grands TGI aient échappé à ce même jugement en
omettant de répondre à l'enquête.
D'autre part,
le rôle et l'influence des avocats concernant la nature des demandes formulées "par
les parents" est, comme dans toutes les études sur ce sujet, insaississable et
échappe complètement à l'étude.
Dans certains TGI, "à la suite" de la position affichée d'un juge, la
résidence alternée sera donc "acceptée" dans les cabinets d'avocats tandis
que dans d'autres juridictions, elle sera "vivement déconseillée" aux
clients... L'avocat(e) y surajoutant sa position idéologique très personnelle.
Globalement,
si la résidence en alternance atteint, après un an et demi d'application de la loi, un
taux limité à 8,8 %, c'est pour la majorité lorsque les deux parents en font la demande
conjointe. Lorsque un seul parent la demande, elle est le plus souvent refusée, au profit
de la mère en grande majorité qui obtient la "garde exclusive".
Le montant de
la pension alimentaire pour les enfants dans le cas d'une résidence en alternance, (en
majorité payée par le père) reste, de façon très surprenante, presque aussi élevée
que dans les cas de résidence principale chez un seul parent.
On peut légitimement se demander, face à cette bizarrerie, si le maintien d'une
pension, (qui n'est pas minimisée à un simple "différentiel" des revenus
alors qu'il y a partage équitable des frais d'entretien des enfants), ne correspond pas
à une condition financière imposée par la mère, ou nécessaire à l'obtention de
l'accord de la mère, pour instaurer la résidence en alternance ?
Ainsi,
les enfants de parents séparés, victimes des tensions parentales et coupés
habituellement d'un parent (en majorité du père), qui auraient justement pu bénéficier
des nouvelles dispositions de la loi et pour lesquels cette nouveauté aurait été
particulièrement bénéfique, restent exclus, dans la majorité des cas, de ce bienfait,
comme autrefois.
L'application restreinte de la loi n'améliore donc en rien la situation affective
et sociale des enfants de parents séparés puisque ceux, minoritaires, qui en
bénéficient sont les mêmes qui auraient vécu auparavant une séparation peu
conflictuelle et peu destructrice.
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