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Copyright SOS PAPA 2002 / 2003
Paru
dans le magazine "SOS PAPA" n° 47 de septembre 2002
Les
mécanismes
de la séparation père-enfant
Par Michel THIZON, fondateur de SOS PAPA
LE CONTEXTE
Enfants séparés de leurs parents
Les enfants séparés dun ou de leurs deux parents étaient
2.012.000 en 1994, lors de la dernière étude détaillée de lINSEE et de
lINED (Institut National dEtudes Démographiques). La relative stabilité
depuis quelques années du nombre des divorces et, a priori, des séparations de concubins
rend ce chiffre valable de nos jours. Cest ainsi près de 20 % des enfants dont la
famille est dissociée.
Ce nombre se rapporte aux mineurs âgés de moins de 18
ans mais si lon prend en considération les jeunes gens à la charge de leurs
parents, souvent jusquà 22 ou 23 ans, le nombre avoisine les 2.800.000 enfants.
La répartition des enfants est la suivante selon leur mode de
vie :
- Avec aucun parent : 7 %
- Avec le père seul : 5 %
- Avec le père et une nouvelle compagne : 4 %
- Avec la mère seule : 61 %
- Avec la mère et un nouveau compagnon : 23 %
Ce sont exactement 8,6 % seulement des enfants séparés qui vivent
avec leur père. Il faut noter que ce nombre est en forte diminution depuis 15 ans,
contrairement à ce que croit couramment lopinion. Le taux des enfants chez le père
était en effet de 13 % en 1985, ce qui correspond au taux de garde accordé par les
tribunaux dans les divorces. Depuis, la proportion des enfants naturels (issus de parents
non-mariés) a atteint 40 % des naissances. |
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Dix ans plus tard, en 1994, le taux de garde accordée au père dans
les divorces sest maintenu à 13 % mais, lors des séparations mettant en jeu des
enfants naturels, la garde était rarement accordée aux pères naturels qui
navaient pratiquement aucun droit. La valeur exacte en est inconnue ou occultée par
le ministère de la Justice. Globalement, la résidence des enfants chez le père a donc
fortement diminué. Aucune évolution des comportements judiciaires nest sensible
jusquen 1996 - derniers chiffres communiqués - malgré lévolution très
forte des moeurs et de limplication des pères auprès de leurs enfants.
La répartition des enfants chez le père est, de plus, extrêmemt dépendante de
lâge des enfants, les très jeunes enfants nétant jamais confiés au père
(2 % à 2 ans). Les enfants âgés sont capables dimposer leur préférence.
| On ne peut manquer dêtre surpris quen justice les pères
soient traités moins bien quil y a des décennies alors quaujourdhui
ils sont plus cultivés et plus diplômés, quils nont plus que 1 à 2 enfants
en moyenne, quils ne travaillent plus que 35 à 40 h par semaine et ne reviennent
plus harassés du champ, de la mine ou de lusine chaque soir, quils sont
beaucoup plus proches de leurs enfants, autant par les loisirs que par leur investissement
dans le fait de les élever et de participer directement à leur éducation, avec tant de
mères qui travaillent et qui disposent de moins de temps auprès des enfants. On
affirme couramment que la justice évolue moins vite que la société. En la matière, ce
nest pas de plusieurs décennies de retard quil sagit mais bien
dun mouvement inverse de dégradation de la considération accordée au rôle du
père et qui coïncide précisément avec lexpression du mouvement de fond dun
féminisme vengeur, déviant, qui sappuie sur des considérations pseudo
scientifiques ou analytiques perverses qui voudraient faire du père un simple... «
symbole » et qui a pris position dans les tribunaux. |
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Les origines des situations de séparation des parents sont :
- Divorce : 50.8 %
- Père déclaré inconnu : 6.6 %
- Décès : 11.6 %
- Séparation dunion libre : 20.5 %
- Parents nayant jamais vécu ensemble : 7.9 %
- Origine de la séparation inconnue : 1.1 % |
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Fréquence
des rencontres enfant-père
Daprès les enquêtes de lINED de 1985 et de 1994, les
enfants qui résidaient chez la mère voyaient leur père selon les proportions suivantes
:
- 34 % des enfants ne voyaient jamais leur père en 1985. Ils étaient
toujours 34 % en 1994.
- 26 % le voyaient moins dune fois par mois en 1985, mais 19 % en 1994
- 8 % une fois par mois ou à toutes les vacances en 1985 mais 5 % en 1994.
- 32 % le voyaient plus dune fois par mois en 1985 mais 42 % en 1994.
| La fréquence des rencontres sest ainsi améliorée entre pères et
enfants pour la catégorie de ceux qui avaient des contacts significatifs mais par contre,
de façon constante depuis trente ans, un tiers des enfants de familles dissociées ne
connaissent pas ou plus du tout leur père, ce qui représente 700.000 mineurs et 950.000
jeunes au sens large. Quon ne sétonne pas, avec une telle politique familiale
en France, que les incendies volontaires de voitures et la délinquance des mineurs
progressent comme le nombre denfants sans père ni repère. |
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Plus grande
durée sans voir les enfants
Une enquête réalisée par SOS PAPA en 1996 sur un échantillon de 250
enfants dadhérents apporte un éclairage supplémentaire. Les rencontre
régulières observées par lINED ne caractérisent pas en effet les phénomènes de
rupture temporaire et dirrégularité des rencontres qui se produisent notamment au
début des périodes de séparation ou du fait de refus occasionnels de présenter
lenfant.
Ainsi, la plus grande durée subie par les pères sans
voir leurs enfants au cours dune séparation ou dun divorce était la
suivante :
- durée inférieure à 2 mois : 38 %
- de 2 à 6 mois sans voir les enfants : 41 %
- de 7 à 12 mois sans voir les enfants : 13 %
- de 1 à 12 ans sans voir les enfants : 8 % |
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LES OBSTACLES A
LEXERCICE DE LA PATERNITE
La
non-représentation denfant
Les refus de présenter lenfant au moment
où sexercent en principe les droits de visite et dhébergement (week-end,
vacances) nont cessé de se développer depuis trente ans, en étant de moins en
moins punis. Il sagit pourtant dun délit qui dans le code pénal a longtemps
eu la même gravité que le non-paiement de pension alimentaire (un an de prison maximum).
Avant 1970, on comptait environ 1.500 non-représentations
denfant par an et celles-ci étaient condamnées au pénal à un taux de près de 50
%. Après 1970, le nombre de non-représentations na cessé de croître en même
temps que le taux de condamnation ne cessait de décroître.
| Depuis 1985, les chiffres sont à peu près stables : un peu plus de
12.000 non-représentations enregistrées chaque année pour un taux de condamnation au
pénal denviron 7 à 8 % (dont très peu de prison ferme, environ 10 fois moins). Il
ne sagit là que du nombre des non-représentations denfant enregistrées.
Celles qui finissent dans la «main courante» des commissariats et qui ne laissent ainsi
aucune trace dans les statistiques sont innombrables. A titre de comparaison, pendant le
même temps, les non-paiements de pension alimentaire ont été sévèrement réprimées. |
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Dans les années 90, environ 15.000 plaintes par an pour non-paiement
viennent au pénal où elles sont condamnées à un taux de 99 %, dont 24 % de prison
ferme ! De plus la peine maximale a été portée à deux ans demprisonnement pour
ce seul délit.
Il est rare que les premières plaintes dun père pour
non-représentation ne soient pas classées sans suite par le Parquet, ce qui entraîne
inéluctablement des mois de séparation dans tous les cas de figure. La seule procédure
efficace est la citation directe en correctionnelle (peu connue) qui nécessite huissier
et avocat à grand frais. Même dans ces cas favorables, les délais sont toujours très
longs et la séparation avec lenfant est largement consommée, irréparable, à
lissue de la procédure.
Il sest donc produit progressivement une déconsidération de ce
délit en vingt ans, ce qui correspond plus ou moins à une incitation de fait et à un
mépris institutionnel de linfluence paternelle dans léducation des enfants.
Le retrait de lexercice de
lautorité parentale
Le parent qui ne possède pas " lexercice de
lautorité parentale " a toujours été déconsidéré par lensemble
des acteurs sociaux et judiciaires. Jusquen 1987, lexercice de
lautorité parentale était retiré presque systématiquement au parent
" non-gardien " lors dun divorce, cest à dire à près de
88 % des pères divorcés. La loi de 1987 a donné au juge la possibilité daccorder
aux deux parents lexercice en commun de lautorité parentale. Cette mesure
sest traduite dans les faits de façon timide et très progressive puisquen
1992, elle nétait appliquée encore que pour un peu plus de 40 % des pères.
Il a fallu la loi du 8 janvier 1993 pour rendre cette pratique
systématique en principe. Mais, la dernière étude du ministère de la justice (divorces
1994-1996) fait ressortir que, dans les jugements de divorces, 11 % des pères et 2 % des
mères en sont encore privés.
Les pères naturels (40 % des naissances en 1996) sont encore plus mal
lotis en la matière mais le ministère de la justice nous a refusé la communiqcation des
chiffres spécifiques.
Pour prétendre pouvoir exercer lautorité
parentale en commun avec la mère, jusquau 4 mars 2002, les pères devaient remplir
des conditions très particulières (cohabitation, délai de reconnaissance,
) et
nétaient en mesure de démontrer quils possèdaient effectivement cet
exercice quaprès avoir engagé une procédure (favorable) au tribunal et obtenu un
document ou une ordonnance.
Comme aucune rétroactivité ne sexerce en faveur des parents
divorcés ou séparés avant telle ou telle date, on peut estimer les parents encore
privés de ce droit fondamental, indispensable à léducation des enfants, à près
de 300.000 pères et 15.000 mères. |
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NOTE : Le retrait total de lautorité parentale
correspond à la " déchéance de lautorité parentale " qui se
traduit par la suppression pure et simple de la responsabilité parentale, ce qui est
relativement rare.
On se contente donc le plus souvent de retirer à un parent
" lexercice de lautorité parentale ", finesse de langage
bien hypocrite qui se traduit par linterdiction de tout droit à participer aux
décisions concernant la vie de lenfant. Des droits de visite et dhébergement
sont généralement accordés néanmoins. Un parent dans cette situation na alors en
principe le droit de prendre aucune décision importante concernant son enfant
(hospitalisation, religion, loisirs, coiffure,
) pendant son séjour chez lui. La
responsabilité de ce parent pendant la garde de lenfant nest aucunement
définie, sauf celle de payer une pension alimentaire tout de même !
Obstacles juridiques à la paternité
Reconnaissance
Les enfants naturels subissent plusieurs discriminations par rapport
aux enfants légitimes issus dun couple marié en ce qui concerne leur statut
juridique avec leur père. Il nest pas rare par exemple que des agents détat
civil entravent en mairie la reconnaissance dun enfant naturel lorsque le père se
présente au guichet. Il leur est par exemple demandé de se présenter avec la mère
quand on ne leur dit pas simplement que cest impossible. Tout père a pourtant le
droit de se présenter spontanément dans une mairie, un consulat,... pour déclarer une
naissance.
Recherche en paternité
Un enfant mineur ne peut faire de recherche en paternité si la mère
sy oppose. Le père présumé doit engager une procédure en justice, aléatoire et
vouée à léchec si la mère sy oppose. En effet : Art. 340-2 du Code civil -
" Laction (en recherche de paternité) nappartient quà
lenfant. Pendant la minorité de lenfant, la mère, même mineure, a seule
qualité pour lexercer. "
Analyse génétique
Larticle 16-11du Code civil stipule :
" Lidentification dune personne par ses empreintes génétiques ne
peut être recherchée que dans le cadre de mesures denquête ou dinstruction
diligentées lors dune procédure judiciaire ou à des fins médicales ou de
recherche scientifique. "
Toute recherche génétique en France nécessite ainsi un accord
judiciaire, tandis quen Grande Bretagne, des jeunes couples se rendent spontanément
dans les laboratoires pour " clarifier " lorigine de
lenfant. Un enfant de plus de seize ans peut également sy présenter en
compagnie de son père présumé.
La limitation naturelle concernant lincertitude paternelle a
prévalu depuis des siècles («pater incertus») sur lidentité du géniteur
dun enfant, tandis que la mère est toujours certaine (sauf rarissimes manipulations
denfants) et nous vaut un Code civil tout entier conçu autour de cette limitation .
Avec les avancées scientifiques et technologiques, cette archaïque incertitude devrait
disparaître enfin, libérant la vérité et la certitude. Or, de façon éminemment
étrange, tout est fait, jusquau sein des «Comités déthique», pour
maintenir un obscurantisme digne du moyen-âge en la matière. Ceci est extrème-ment
troublant, sauf si lon comprend que le fil directeur de lidéologie qui
prévaut en France au 21ème siècle est la maîtrise absolue de la filiation par la seule
mère qui doit pouvoir «désigner» le père pour 40 % des enfants, taux actuel des
enfants nés hors mariage.
Accouchement sous X
" Lors de laccouchement, la mère peut demander que le
secret de son admission et de son identité soit préservé. " indique
larticle 341-1 du Code civil. Beaucoup denfants perdent ainsi
lopportunité dêtre élevés par leur père. Certains pères ont pu parfois
reconnaître lenfant et partir avec lui de la maternité quand une assistante dite
«sociale» ne se mettait pas en travers, tandis que dautres pères ont été
" interdits daccès " dans dautres maternités.
Plusieurs lobbies, dont ceux dassociations de parents adoptifs,
de Centres dhébergement pour orphelins, soutiennent cette disposition légale pour
laquelle la France est condamnée par le Comité international des droits de lenfant
de lONU.
Obstacles financiers à la paternité
En cas de séparation ou de divorce avec une forte opposition de la
mère, il est difficile dêtre ou de rester père sans engager des procédures
judiciaires coûteuses.
Rappelons que 58 % des divorces sont contentieux. Aucune mesure
pragmatique ne prend en compte la paupérisation globale de lensemble de la famille
qui suit un divorce ou une séparation. Alors que les revenus restent globalement les
mêmes, tout doit être acheté en double.
Rappelons que lavocat est obligatoire en France dans le divorce
bien que les honoraires soient... libres ! Il nexiste aucun autre exemple
dobligation légale qui soit associée à des tarifs non réglementés.
Lexemple le plus courant est lobligation du contrôle technique pour les
véhicules de plus de quatre ans. Imaginons ce que serait le système si le coût du
contrôle était laissé à la libre appréciation des garagistes !
- Divorce " simple " pour faute : 10.000 à
30.000 F par justiciable
- Divorce difficile avec appel : de 20.000 F à ...des sommes
considérables par justiciable
- Simple requête : 5.000 à 15.000 F
Les honoraires drainent bon an mal an environ un demi-milliard
deuros qui font directement et principalement défaut aux enfants même si les
parents se sacrifient un peu plus. Soit une rente annuelle de 100.000 F / an pour chacun
des 30.000 avocats. Mais beaucoup ne traitent pas les divorces, ce qui augmente
copieusement la part des autres. LEtat prélève au passage sa dîme indigne de 100
millions dEuros de TVA sur les honoraires du contentieux familial.
Dans le cas de laide juridictionnelle, les avocats touchant très
peu pour un dossier, la défense est en général mal assurée pour un père dont le
dossier est toujours " difficile ".
Coût dexercice des droits dhébergement
Il nexiste pas de barème objectif officiel pour déterminer les
pensions alimentaires dont les montants sont ainsi très variables, parfois fantaisistes,
suivant les juges.
Les frais de déplacement, même à travers toute la France, même
lorsque cest lautre parent qui sest éloigné, sont pratiquement
toujours à la charge du parent non " gardien ", cest à dire le
père dans limmense majorité des cas. Même si la mère sest volontairement
éloignée à des centaines de kilomètres pour entraver les visites. Beaucoup de pères
aux moyens modestes sont incapables dassurer ces frais et cette logistique pour
maintenir un lien avec lenfant.
Le père a lobligation dentretenir une ou plusieurs
chambres denfant sil veut espérer obtenir des droits dhébergement
pendant les week-end et les vacances.
Il ne peut prétendre pourtant bénéficier daucune allocation
familiale, même partielle.
Il ne bénéficie non plus daucune majoration du quotient
familial pour limpôt sur le revenu et se retrouve taxé par le Fisc comme un
célibataire sans enfant, alors même quil loge, nourrit et soccupe
denfants pendant 90 à 120 jours et nuits par an et assure globalement la charge
principale des enfants.
Obstacles comportementaux ou
structurels à la paternité
Il nexiste pas de processus systématique gratuit préalable de
conciliation ou de médiation familiale. Ceci se traduit , de fait, par une incitation aux
guerres judiciaires et par le développement de commerces annexes (cabinets de médiation,
points-rencontre )
La discrimination des juges si la résidence est demandée par le père
est clairement établie : officiellement trois fois moins accordée que pour une mère,
mais en fait 5 à 6 fois moins car la discrimination réelle est amortie par le
comportement des avocats qui, pour un client-père, ne demandent la résidence chez le
père que si cela est " sûr " dêtre obtenu.
La résidence alternée, bien que pratiquée avec succès depuis des
années dans certains pays a dû attendre 2002 pour être introduite clairement dans notre
Code civil. Elle rencontre à ce jour des oppositions farouches, notamment de la part de
certains magistrats et de certain(e)s avocat(e)s partisan(e)s ou dont le mercantilisme et
la peur de perdre des affaires si les parents se mettent à sentendre spontanément
lemporte largement sur lintérêt public.
«On ne confie pas de jeunes enfants au père» (1 % de résidence au
père par année dâge). Les enquêtes sociales ou médico-psychologiques sont le
plus souvent orientées suivant ce «grand principe» et préservent lintérêt des
mères. Trop souvent il sagit dailleurs dintérêt matériel,
«lintérêt des enfants» nétant alors quun fallacieux prétexte pour
maintenir à une mère peu glorieuse des revenus assurés par les allocations et la
pension alimentaire payée par le père.
Dautre part, ce ne sont pas les mères qui travaillent qui
créent les plus grandes difficultés, mais celles qui nont aucune attache
professionnelle ou qui abandonnent leur emploi pour disparaitre avec les enfants et exiger
des pensions alimentaires délirantes.
Ces considérations financières sont dailleurs une des
principales sources des entraves mises à la résidence alternée : cette pratique
équitable empêcherait daccorder à la mère une rente payée par le père.
Les points-rencontre préservent en majorité les mères de leur délit
de non-représentation denfant et pratiquent très rarement la médiation familiale
alors que loccasion serait réelle de le faire. Les pères ont le plus souvent
interdiction de sortir " parce que la mère ne veut pas " et doivent
se contenter de deux ou trois heures par quinzaine pour tenter de tisser de bien pauvres
liens avec lenfant. Mais " On ne met pas une mère en prison ",
même lorsquelle est délinquante. Quant à un père, ceci est une autre histoire.
Les délits de laprès-divorce : refus de présenter les enfants
et non-paiement de la pension, maintiennent en prison en permanence environ 500 à 600
pères et ...10 ou 15 mères.
Archaïsme des us et coutumes du
" droit de visite "
Lhabitude en matière de relation de " lautre
parent " avec les enfants est encore le plus souvent " un week-end sur
deux et la moitié des vacances ". Ceci nest quune coutume non
légalisée, reposant sur le principe archaïque et limitatif, applicable aux pays
sous-développés ou à la France du début du 20ème siècle, quun parent doit
" élever " lenfant pour le " nourrir ".
Malgré la formule habituelle «à défaut de meilleur accord», dans la pratique la
règle savère toujours restrictive et devient un " maximum ".
La résidence alternée sappliquera peu aux enfants qui
nont pas eu la chance dêtre jugés après le 4 mars 2002. Il ny a
aucune raison dattendre des mêmes magistrats de la famille qui ont attribué
massivement la garde aux mères les années précédentes quils comprennent
quaccorder enfin la résidence alternée au père qui revient au tribunal est
simplement appliquer le principe de lalternance éducative et de ses bienfaits sur
une période de quelques années au lieu dune alternace hebdomadaire. Ceci serait
pourtant plus favorable à léquilibre de lenfant quun éternel maintien
chez la mère.
A lépoque du «High-Tec» et des satellites de communication, il
nexiste toujours pas de droit au téléphone entre parent séparé et enfant. Aucun
jugement, sauf rarissime exception, ne fait mention de règles minimales de communication
imposées au parent «gardien». Il est vrai quen la matière, lobscurantisme
des avocats na rien à envier à celui des magistrats.
Sous prétexte du droit à la liberté daller et venir et de
celui dhabiter où bon lui semble accordé à un citoyen, les déménagements
intempestifs, soit pour entraver la possibilité dune résidence alternée soit pour
casser des droits de visite sont monnaie courante sans que la Justice ne refuse ce fait
accompli et ne transfère la résidence de lenfant chez le parent stable. Il existe
bien une hiérarchie occulte des droits. Celui dun enfant à entretenir des
relations avec ses deux parents, donc avec son père (Convention ONU des droits de
lenfant) est bien peu de chose face à celui de circuler librement de sa mère.
POUR UNE ÉGALITÉ PARENTALE
Malgré les avancées de la loi du 4 mars 2002, létat
catastrophique de la situation des familles et de lenfance issue des pratiques
désastreuses des trente années précédentes nécessite de développer et de mettre en
uvre des lois et des pratiques qui reposent enfin sur des principes familiaux sains,
ceci afin de préserver les relations affectives et éducatives de lenfant avec
chacun de ses parents et de sauvegarder ses liens familiaux.
Chacun des parents devrait être clairement responsabilisé par rapport
à ses devoirs vis à vis de lenfant mais également de lautre parent, aussi
bien au plan civil que pénal..
La co-responsabilité et lalternance affective et éducative
devraient être garanties tandis quelles ne sont que suggérées, sans contrainte
claire, dans la nouvelle loi.
La résidence alternée devrait être programmée sur plusieurs années
en cas déloignement des parents.
Priorité devrait être accordée au parent le plus conciliant et le
plus respectueux des droits de lautre, et notamment au père jusquà ce que
lincitation actuelle aux excès maternels trouve une fin par de nouvelles pratiques
de changements rapides de résidence.
Priorité devrait être accordée au parent qui ne déménage pas au
loin avec lenfant sans raison majeure démontrée. Les détournements denfant
avant tout jugement devraient être sévèrement empêchés ou punis.
Dautres mesures essentielles font toujours défaut, comme la
suppression de lobligation davocat à honoraires libres dans le divorce par
requête conjointe, un barême pour déterminer les pensions alimentaires, le suivi
statistique des décisions tribunal par tribunal.
Sans ces mesures clés, des effets très pernicieux seront entretenus.
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