La loi
du 4 mars 2002 instaure la possibilité de résidence alternée dun enfant chez
chacun de ses parents séparés.
Depuis
la promulgation de cette loi, les adversaires de la résidence alternée invoquent souvent
la nécessité dune « stabilité » pour lenfant :
« Lenfant, surtout jeune, a besoin de stabilité, la résidence alternée est
donc déconseillée.»
Largument
est des plus fallacieux qui soit.
Quest-ce
qui caractérise donc cette stabilité ou cette instabilité ?
Est-ce
une situation instable pour un enfant de passer des bras de sa mère aux bras multiples
des assistantes maternelles de la crèche tous les matins, puis de changer inversement le
soir ?
Est-ce
de linstabilité de passer, tout jeune, alternativement de chez sa mère à
lécole maternelle, puis chez une nourrice les mercredis après-midi, parfois chez
les grands-parents tout un week-end et enfin chez une voisine ?
Est-ce
donc déstabiliser lenfant que de le conduire de façon improvisée et désordonnée
tantôt chez la vieille tante, tantôt chez le pédiatre, chez lépicier, le
boulanger, au jardin public ou en vacances ?
En
quoi cela serait-il moins « stable » pour lenfant de passer de chez sa
maman, après une semaine bien régulière, à chez son papa qui habite à proximité,
dans un environnement bien stable auquel lenfant est bien habitué ? |
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Car la confusion est
entretenue de façon assez perfide entre régularité et stabilité qui est un
concept purement physique dimmobilité.
Ces
arguments sont polémiques, de mauvaise foi et sont mis en avant uniquement pour justifier
de façon occulte une discrimination à légard du père, sachant quen
invoquant « linstabilité » la garde du jeune enfant sera assurément
attribuée de façon exclusive à la mère.
Une
autre argumentation hostile est apparue récemment. La résidence alternée ne serait pas
bonne pour les jeunes enfants qui devraient rester ...chez leur mère, le père devant se
contenter dune « alternance progressive » jusquà lâge
de six ans. Il ne serait ainsi pas bon quun enfant « dorme chez son
père ». Curieusement, il napparaît pas mauvais pour ces mêmes idéologues
que lenfant jeune puisse dormir chez sa nourrice, ou dailleurs chez quiconque
autre que son père...
La
stabilité, pour un jeune enfant, cest avant tout la permanence, la régularité de
son environnement affectif, le fait quil se sente en sécurité dans les bras ou à
côté des quelques personnes quil connaît bien, auxquelles il est habitué et qui
lui prodiguent des soins, qui lalimentent régulièrement, qui jouent avec lui et
qui le console quand il en a besoin, où quil se trouve physiquement.
Exclure
le père, lui refuser la résidence alternée et la possibilité pour lui de jouer son
rôle éducatif constructif et positif, tous les deux jours, toutes les semaines ou tous
les quinze jours, selon lâge de lenfant, procède purement et simplement
dune volonté déradication du père de la vie de lenfant, avec toutes
les conséquences graves que ce dernier devra subir ensuite sur le plan affectif et
psychologique tout au long de sa vie. |