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Je me suis rendue pour la première fois le 6 juillet 2002 à une réunion SOS PAPA, avec
mon ami. Jétais la seule femme présente parmi ces papas nouveaux arrivants ou
déjà adhérents de cette association de défense des droits des pères. Aucune
hostilité à mon égard : ces hommes aiment toujours les femmes ! Javoue
quaprès ces quelques heures passées auprès de ces pères tristes et désabusés,
mon regard a changé sur bien des choses. Jai divorcé il y a quelques mois sur
requête conjointe et jai la garde de mes deux enfants : normal jen suis
la mère et mon ex-mari ne voulait pas des enfants. Mais sil lavait
souhaité ? Sil lavait souhaité, jaurais choisi un deuxième
avocat, un avocat peu scrupuleux. Ou bien avec un peu de chance un avocat qui peut
" sarranger " avec lautre en souvenir dun service
rendu. Deux avocats du même barreau ne vont pas saffronter corps et âme pour une
histoire de divorce ou de séparation tout de même. Et puis jaurais certainement
utilisé quelques stratagèmes féminins pour faire céder mon ex-mari (ceux-ci ne
manquent pas et parfois il suffit de lire les journaux pour trouver des idées).
Quimporte sil faut utiliser les enfants : les enfants naiment-ils
pas plus leur mère ? Et pour le cas où il naurait pas changé
davis ? Le JAF tranche le plus souvent en faveur des mères.
Et ces papas que jai rencontrés,
qui sont-ils ? Issus de tous milieux (cadres ou cadres supérieurs, fonctionnaires ou
bien employés
), leur détresse seule est commune : on leur a enlevé leurs
enfants. Des histoires sordides, dignes de Dallas avec à la place de linfâme JR,
un système juridique en matière de divorce pernicieux pour les pères et des femmes qui
sont prêtes à tout pour garder le contrôle de leurs enfants et se venger de leur mal
être sur le père de leurs enfants. Que répondre à ce père dont la concubine est
partie pendant 2 ans, lui laissant trois enfants en bas âge et qui revient un beau jour
reprendre sa progéniture. Une enquête sociale a lieu mais peu importe cest le juge
qui décide
et les enfants repartent de gré ou de force. A celui-ci dont
lex-épouse ne travaille pas et vit sur la pension que lui verse son ex-mari et qui
décide, 3 mois après le prononcé du divorce, de sinstaller dans le sud de la
France avec leurs trois enfants. Comment garder des liens avec ses enfants sil ne
les voit que pendant les vacances scolaires ? Et à celui-là dont lex-compagne
lui dépose de temps à autre leur enfant de 16 mois pour des durées indéterminées. A
cet autre dont lépouse le quitte subitement pour une autre personne. Une histoire
qui ne dure pas. Un an après, le divorce sur requête conjointe nest pas prononcé.
Elle revient sur la garde alternée, veut tout lui prendre, laccuse dadultère
car il a commencé à refaire sa vie et tente de briser à travers la manipulation des
enfants lharmonie qui sest instaurée dans la nouvelle famille de son mari.
Et ce père dune adolescente de
18 ans quil na pas vu depuis de longues années faute de savoir où la joindre
et qui reçoit aujourdhui une adresse où envoyer des chèques pour les études
dune jeune fille qui ne souhaite même pas le voir. Chaque histoire est unique et
pourtant il semble quon entend souvent les mêmes récits. Peu importe les torts
dans le divorce. Les parents doivent préserver leurs enfants et ne pas les utiliser pour
régler leurs comptes. Aux mères : les enfants ne nous appartiennent pas et pour
leur équilibre ils ont besoin dun papa autant que dune maman. Aux JAF :
le bien être des enfants et de leurs familles dépend uniquement de votre volonté
Pourquoi plus un père quune mère ? Pourquoi pas les deux ?
2002 - Bridget J. Cal |