Témoignage n° 11
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Je vous écris au sujet dun article paru dans le
quotidien " Nord-Eclair " la semaine dernière en métropole et dont
ma famille sur place ma fourni une copie. Jai 40 ans et je suis enseignant.
Jai été accusé, par la mère de mon fils, à deux reprises, dattouchements
sexuels sur mon fils âgé alors de 2 ans. Jai obtenu deux non-lieux (un par le juge
dinstruction et lautre par la chambre daccusation de la cour
dappel de Nouméa) pour lensemble de la procédure. Je nai jamais perdu
le droit de voir mon fils. Face à la première plainte (où je me suis défendu seul et
sans avocat), le juge ma laissé lintégralité de mes droits comme
auparavant. Aurait-il eu des doutes sur ma moralité que, bien entendu, il maurait
interdit de voir mon fils. Avec la deuxième plainte, et sans doute perturbé, il ma
alors retiré le droit dhébergement et je ne pouvais voir mon fils que de 6h30 à
18h30, ce qui était en soi ridicule ; la perversion nétant pas une question
dheure.
Vers la fin de
lannée 98, jai été alerté par deux personnes qui avaient
rencontré mon ex-compagne et mon fils et qui avaient été les témoins dune
scène intolérable dans laquelle la mère de mon fils disait : " Geoffroy,
dit à monsieur ou à madame ce que papa fait avec toi dans la salle de bain ".
Les personnes en question avaient immédiatement fait cesser cette comédie. Jétais
outré car les faits, même auraient-ils été vrais, quil est totalement
inadmissible de manipuler ainsi un enfant. Entre temps, je découvris quelle
imposait à mon fils des visites systématiques de ses organes génitaux et de son anus,
après ses séjours avec moi. Face à ces faits, jai saisi le juge aux affaires
familiales à Nouméa. Il a laissé la garde à la mère et a argumenté que
jagissais par vengeance ! Une procédure dappel est en cours, mais, comme
tous les pères dans ma situation, je sais que nous nous battons contre les
préjugés (
) On parle souvent des brutalités physiques de la part des hommes
à lencontre des femmes. Il me semble quil faudrait aussi aborder celui des
brutalités morales. Je reste très profondément choqué par ces accusations et de tout
le processus de la machine judiciaire dont la garde à vue. Et puis, pour mon fils
quel gâchis !
Mon ex-compagne (une
enseignante, psychologue de formation
) est à présent installée en métropole
après avoir " négligé " de demander son intégration sur le
Territoire (ce qui aurait permis à mon fils de me voir régulièrement) réussissant donc
à mettre 20.000 km de distance entre moi et mon fils, à défaut davoir réussi à
me mettre en prison. A terme, je vais devoir réorganiser ma vie et rentrer en France pour
ne pas perdre le contact avec mon fils. Jai obtenu le droit de lavoir en
juillet-août mais de ce côté de la planète, dans lhémisphère sud, nous
travaillons puisque nous sommes en hiver, ce qui signifie de le faire garder pendant que
je travaille.
Je serais
intéressé de connaître les buts de votre association et les conseils juridiques que
vous pouvez prodiguer aux pères dans ma situation. On me dit ici que mon cas aurait été
traité différemment en France, les juges étant réputés plus progressistes (?). Ici,
à 20.000 km de la Métropole, on est loin
1999 - Benoit D.
Nouvelle-Calédonie |
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