| Témoignage n° 37
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Je suis une maman. Je trouve que votre engagement est
assez bon dans lensemble puisquil protège lintégrité morale des
enfants. Mais jaimerais vous raconter mon histoire... brièvement. Paradoxalement,
cest un peu le même combat que le votre.
Je suis tombée
enceinte dun homme (29 ans à lépoque) qui ne connaissait rien de
lidentité de son père. Sa mère la fait toute seule en 1970 et ne lui a
jamais rien dit sur son père, se mettant à pleurer dès quil osait en parler. Elle
sest ensuite mariée avec un homme qui na jamais adopté mon ex-conjoint. Ils
ne se sont jamais entendus (leurs relations ont toujours été violentes) et la mère
na jamais défendu son fils. Bref, une enfance difficile avec une mère un peu
" space ".
Quand je lai
rencontré, il ma raconté son histoire en me disant que son père ne lui manquait
pas, que sa mère lui suffisait et que de toute façon, il ne voulait pas faire de peine
à sa mère.
Je ne men suis
pas mêlée mais je lui ai avoué mon étonnement. Jai la chance davoir des
parents unis. Je nai pas de préférence pour lun ou pour lautre même
sils ne mapportent pas la même chose.
Lorsque je suis
tombée enceinte, notre relation a totalement dérapé. Il ma demandé de confier
notre enfant le plus possible à sa mère car elle ne la pas vraiment élevé
pendant ses onze premières années (ses grands parents se sont substitués) et quil
souhaitait que notre enfant «répare» ce manque. Jai nettement refusé. Il
ma demandé de me faire avorter. Jai refusé. On est restés ensemble et
pendant toute ma grossesse, jai essayé de laider à devenir père. Je
lai soutenu quand il a voulu poser des questions légitimes à sa mère sur son
père. Mais pendant cette période, je nai malheureusement pas bénéficié du
soutien de lhomme dont je portais lenfant. Jai beaucoup souffert car ce
nétait pas notre famille que lon construisait, cétait un secret de
famille de 30 ans qui rejaillissait avec les douleurs extrèmes qui vont avec.
Bref,
jabrège. Ma belle-mère a finalement donné lidentité du père (après plus
dun an de bras de fer entre le fils et sa mère). Ma fille avait 1 ans et 3 mois
quand mon ex-conjoint a téléphoné à son père pour la première fois !
Au bout du fil,
lhomme a dit «Jérôme, ça fait 30 ans que jattends ton appel».
Jai pensé
retrouver la sérénité dans notre famille. Mais, mon ex-belle mère, sentant le danger a
réussi à semer le doute dans lesprit de son fils qui sest finalement fâché
avec son père avant de le rencontrer. Je lui ai dit que je ne comprenais pas pourquoi il
ne voulait pas le voir, que cétait son père et donc une partie de lui, que sa
mère navait pas le droit de lui faire ça.
Je me suis pris un
coup de poing dans la cuisine, devant ma fille alors âgée de 18 mois. Je suis partie
chez mes parents et on est passés devant le juge.
Aujourdhui,
mon ex-conjoint veut me faire passer pour une hystérique malade qui veut séparer notre
fille de son père. Javoue que je suis perplexe car on le croit un peu partout. En
fait, il dissimule lhistoire de sa mère et me fait passer pour un monstre rempli de
haine pour sa belle-famille.
Je nai pas la
même énergie que lui dans cette histoire car je tiens à élever ma fille dans le
maximum déquilibre et je lui consacre beaucoup de temps, la réconfortant sans
cesse et ne rabaissant jamais son père.
Je pense quil
est dépressif et que sa mère la littéralement anéanti. Mais si je le laisse
faire lui, cest elle qui gagne encore dans son délire de ne pas parler de son
premier amant. En fait, elle na jamais pu digérer le fait davoir eu un enfant
avec un algérien. Cest pour ça quelle pousse son fils à manéantir,
pour que ma fille ne sache rien de ce grand-père algérien, pour perpétrer le mensonge.
2002 - Frédérique
B. Paris |
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