| En 1999, mon épouse me quittait. Le divorce fut prononcé en 2000. J'avais
réussi à ce que le juge accepte la garde alternée. Le contenu de l'ordonnance de
divorce était assez succinct et laissait beaucoup de place à des liberté autour de l'organisation
de la garde de notre enfant. Nous avons vécu une année de garde alternée, d'une semaine
sur l'autre. Cela fonctionnait bien malgré une tension importante entre mon ex-épouse et
moi.
Depuis, je me suis remarié,
j'ai eu un autre enfant, j'en ai adopté un autre.
Et puis mon ex-femme est
partie travailler à l'autre bout du pays, le plus loin possible de moi. J'avais réussi
à ce que notre fille reste avec moi. Après tout, c'est la mère qui partait, de son
plein gré, et il fallait qu'elle en accepte les conséquences.
Pendant l'année, elle avait
mis dans la tête de notre fille de 4 ans qu'elle viendrait vivre avec elle l'année
suivante - au nom de l'alternance à laquelle je tenais tant. Rien n'y fit pour faire
comprendre à mon ex-épouse que la donne avait changé et qu'il n'était plus possible de
pratiquer l'alternance, et surtout pas d'une année sur l'autre. Il fallait choisir
l'endroit de résidence habituel de notre fille pour qu'il soit stable. Notre fille n'y
comprenait plus rien, et je faisait figure de méchant parce que je rendais sa mère
malheureuse.
Elle ne voulut rien entendre
et se référait à l'ordonnance de divorce qui stipulait l'alternance.
N'ayant pas d'autre moyen de
me faire entendre, j'assignai mon ex-épouse devant le Juge aux Affaires Familiales. Je
venais avec quelques arguments au nom du bien-être de notre enfant : il n'était pas
question de la faire déménager d'une année sur l'autre et puisque cela c'était bien
passé cette année, je ne voyais pas ce qui m'empêchait de continuer ainsi.
J'avais choisi une ligne
stratégique où je ne faisait pas de mal à la mère de notre enfant. Je ne parlais que
de bien-être et de logique.
Mon ex-épouse, quant à elle,
avait choisi avec son avocat de me vomir dessus tout les clichés : j'étais instable,
j'avais d'autres enfants donc elle ne me manquerait pas, je ne respectais pas l'ordonnance
précédente, et quelques autres méchancetés qui ne valent pas la peine d'être
répétées.
Le Juge K., JAF de Toulouse,
que je cite parce qu'elle est l'exemple du juge partial et qui cause beaucoup de soucis
aux pères dans la région, eut cette phrase horrible et rétrograde :
"Mais que fait cette
enfant chez son père ?"
Je suis resté choqué et
estomaqué de cette remarque.
Aujourd'hui, ma fille a sa
résidence principale dans le Nord, je ne la vois qu'une fois par mois. Cela me coûte une
fortune en billets d'avion, toutes nos vacances sont chamboulées (rappelons que les
calendriers scolaires diffèrent entre les académies).
J'ai accepté la situation en
philosophe. Cette enfant a autant le droit de vivre avec sa mère qu'avec son père. Donc
pourquoi pas avec sa mère ?
J'ai posé plusieurs
conditions à cela : pas de pension alimentaire et notre enfant reviendra vivre avec moi
lorsqu'elle entrera au collège. Bien mince consolation : je ne la vois pas grandir et les
quelques jours que nous passons ensemble de temps en temps sont bien là pour nous
rappeler de la distance qui nous sépare.
Cependant, il semble que la
décision soit bien trop souvent prise en ce sens. La plupart des juges sont encore
rétrogrades, et certainement au nom du féminisme pour la plupart. Ces juges femmes qui
règlent leurs comptes avec les pères qui viennent les voir dans l'espoir d'un jugement
équitable sont à dénoncer. Le tribunal n'est pas un lieu où elles devraient pouvoir
déverser leurs rancoeurs.
2004 - Bertrand C.
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