Bonjour,
J'ai hésité à
envoyer ce témoignage pour deux raisons : la première, je suis belge et votre site est
plus spécifiquement français, la seconde, le découragement.
Je suis père de trois enfants de 6 ½, 4 ½ et 3 ans, j'ai 34 ans, et j'ai divorcé cette
année, en mars pour être exact. Je suis autorisé par la justice belge à voir mes
enfants 1 heure par semaine avec la présence obligatoire d'un psychologue, en milieu
fermé sans possibilité de sortie ni, encore moins, d'hébergement.
Comment en suis-je
arrivé là ? C'est assez compliqué
La genèse de tout cela remonte à octobre
2003, lorsque sur les conseils plus que pressants de mon ex-femme je suis entré en
institution afin de soigner une dépression récurrente. Profitant de mon internement -
volontaire je le précise - et du brouillard médicamenteux dans lequel je me trouvais,
elle a déposé une demande en divorce. Ne pouvant sortir librement de l'hôpital, je n'ai
pris aucun avocat pour me défendre. Mon ex-femme m'a interdit - illégalement puisque
aucun jugement n'avait encore été rendu - de rentrer à mon domicile et de voir mes
enfants. Elle est venue me voir avec les enfants une seule et unique fois afin de déposer
les papiers du divorce.
Le jugement de
séparation a eu lieu pendant mes soins, au mois de novembre, le domicile et la garde des
enfants confié à mon ex-femme. Je pouvais voir les enfants une fois par semaine durant
mon hospitalisation, c'était indiqué dans le jugement ! Mais mon ex-femme voyait les
choses de manière différente et elle n'est jamais venue les présenter ni, comme
l'accord le prévoyait, les déposer chez ma soeur. J'ai reconvoqué une séance au
tribunal afin de faire valoir le non respect du droit de visite.
Grave erreur. En effet,
mon ex-femme m'a alors accusé d'appartenir à une dangereuse secte sataniste qui pouvait
mettre mes enfants en danger. Les preuves ? Très simple d'en trouver puisque je suis un
amateur de philosophies et de religions, j'aimais les étudier et j'avais de nombreux
objets chez moi que mon ex-femme a pu exposer au juge : ménora, brule encens, livres,
Ayant dans ma jeunesse cotoyé des personnes versées dans l'ésotérisme, mon
ex-femme a produit des e-mails qui ont fini de convaincre le juge que j'étais un
dangereux sectaire. Enfin, un sectaire qui accepte de faire soigner sa dépression en
instituion publique je n'en connais pas des masses
Bref, le juge a alors
statué que je ne pouvais exercer mon droit de visite parental puisque dangereux
philosophiquement pour mes enfants ! Le jugement dit d'ailleurs que je suis embrouillé
dans des croyances "moyenâgeuses" (sic) et dangereux gauchiste par la même
occasion
Le 13 octobre, donc j'ai vu mes enfants chez "moi" pour la dernière fois. Et de
novembre jusqu'à ma sortie de l'hôpital, j'ai vu mes enfants une seule fois, pendant 10
minutes (Je suis sorti de l'hôpital en février 2004). J'ai du attendre août 2004 avant
de les revoir.
Aujourd'hui j'espère que les rapports de la psy prouveront que je ne suis pas dangereux
pour mes enfants et que je pourrai convoquer une audience au tribunal afin de faire
réviser le jugement et ses clauses.
Malgré tout, je sais que j'ai de la chance, certains pères ne revoient jamais leurs
enfants. Je me contente de ce que j'ai en espérant plus dans l'avenir.
Ce qui est terrible c'est la souffrance infligée aux enfants par leur mère, elle les
utilise dans un combat, dans une vengeance contre moi
Je souffre mais eux aussi et
je ne peux rien y faire ! La justice s'en moque, les amis veulent rester neutres, le monde
reste sourd
Merci de m'avoir lu.
PS : J'ai décidé de
laisser une trace de tout cela sur l'internet en créant un blogue
http://www.u-blog.net/EtoilesPerdues/ cela fait du bien d'écrire sa douleur
2004 - Willy F.
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